Résidences Décoration 01-2016


PARIS
Flirt avec le ciel dans la capitale 

Privilège ! Au coeur du XVIe arrondissement, jouir d'une terrasse prolongeant les deux étages de cet appartement entouré de verdure et baigné de lumière. Olivier Gay, architecte-décorateur, très inspiré par les lieux des années soixante, a revu tous les volumes pour accroître encore la sensation d'espace.
Par Anne-Mane Cattelain-Le Dû. Photos Frenchie Cristogatin.

 
Gros plan sur le « street tatouage » de la table et ses pieds amusants en forme de battes de baseball. Chaises Tudor, trouvées chez Established & Sons, lampadaire « Light Shade » de Moooi. Près de la fenêtre, comme un trompe l'oeil oeuvre d'Erwin Olaf pour la galerie Rabouan Moussion. Mur en panneaux MDF sculptés de chez Marotte puis patinés par les équipes d'Olivier Gay

 
Rentrer chez soi. Claquer la porte au nez des bruits obsédants de la grande ville, gommer le côté un rien convenu de l'Avenue Bugeaud dans le XVIe arrondissement, et pouvoir, au coeur de Paris, vivre comme dans une maison dotée d'un jardinet c'est ce qu'offre ce duplex de 300 m² prolongé d'une terrasse semblant échappée de la campagne provençale. « Avant d'entreprendre des travaux d'envergure, puisque j'ai restructuré l'espace de cet appartement très années soixante, j'ai consacré beaucoup de temps à dialoguer avec les propriétaires pour comprendre leur mode de vie, saisir leurs envies, appréhender les univers professionnels et sociologiques dans lesquels ils évoluent C'est essentiel pour que le lieu devienne leur », explique Olivier Gay, architecte décorateur.
 

Salle à manger ouverte sur la cuisine sous l'oeuvre d'Albert Watson pour la galerie Acte 2 fixée au plafond, longue table imaginée par Olivier Gay, inspirée des tatouages d'un côté et revêtue de l'autre d'une peinture époxy de carrosserie automobile. Au fond, plan de travail avec crédence en feuille d'argent et habillage en verre rouge peint. La demi-séparation entre la cuisine et le living est traitée en pointes de diamants teintées en gris comme le réfrigérateur.

Preuve que ces préliminaires étaient essentiels, très vite, toute la famille, les parents, les deux enfants et même le chien ont trouvé leurs marques dans cet espace ludique, décalé, crée à leur image. En fonction des saisons, du temps la vie monte et descend comme la marée, entre les deux étages. Dès que le ciel joue la clémence, hop sur deux ou quatre pattes, on s'empresse de gagner le niveau supérieur pour profiter du grand air, de la verdure s'affaler sur les canapés ombres par les arbres. La cuisine annexe ouvrant sur l'extérieur permet de préparer drinks, finger-food, salades. Et, toujours à cet étage outdoor, le mini-salon aux tons brique et mauve conçu dans un esprit lounge accueille ceux qui veulent lire ou discuter tranquillement. Quand les nuages deviennent menaçants et que le thermomètre chute, repli génèral vers le bas pour se blottir dans les alcôves très co-cooning du grand salon aux teintes douces réveillées par des oeuvres d'art dénichées par Olivier Gay. C'est aussi à ce niveau que s'inscrivent le living-room ouvert sur la cuisine principale et les trois chambres version suites, avec chacune leur salle de bains et leur coin bureau-bibliothèque.

« Par goût et pour personnaliser chacun de mes projets, je flâne beaucoup, à Bruxelles et à Paris dans les galèries contemporaines de illy Robert, Rabouan Mousson, Da-End, Odile Ouizeman, Bertrand Grimont, Laurent Godin à la recherche d'objets et d'oeuvres d'artistes susceptibles de s'intégrer dans les intérieurs que je décore. Dans la même démarche, je suis avec attention les créations de Maarten Bass, Pieke Bergmans, Guillaume Delvigno, Frank Tjepkema », précise Olivier Gay. Mes clients me choisissent pour mon expertise en architecture, métier que j'exerce depuis 25 ans, et pour ma capacité à leur faire découvrir des artistes de la scène émergente. Sans rien imposer, évidemment, sans prendre de commissions pour ces transactions artistiques, je partage mes coups de coeur, leur révèle des peintres, des sculpteurs qu'ils ne connaissent pas nécessairement. Ainsi, les hôtes très trendy de ce bien atypique travaillant dans l'ecommerce et l'événementiel ont été immédiatement sensibles au travail audacieux de Jill Groenberg et plus encore d'Albert Watson et d'Erwin Olaf. Ils ont aimé et adopté leurs styles. Avec l'aval qui plus est des enfants séduits par le côté ludique et très actuel tant du mobilier dessiné sur mesure que par les toiles qui, pour certaines, ont osé quitter les murs pour grimper au plafond ».
 

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